Je ne pensais pas avoir l'occasion de m'occuper du blog avant le Nouvel An, mais un changement d'emploi du temps me permet de poster plus tôt que prévu (juste à point pour le déposer au pied du sapin) le formidable
Froid comme la mort d'
Arthur PENN, le "film hivernal" absolu, à mes yeux.
Thriller gothique enseveli sous le mépris de la critique -- et sous des kilos de neige --,
Froid comme la mort est l'avant-dernier film (pour le cinéma, car il signa deux téléfilms par la suite) de l'auteur de
Bonnie and Clyde, et l'un des joyaux de sa filmographie. Les grincheux l'accusèrent d'être un pur produit commercial, et pointèrent d'un doigt furibond son script roublard et fourmillant d'invraisemblances. Oui, bon... et alors ?... La mécanique n'en est pas moins redoutablement efficace, l'atmosphère expertement rendue (je vous assure qu'
on a froid en regardant ce film, au point de se choper la crève !), et l'interprétation au-dessus de tout éloge.
Mary STEENBURGEN est impeccable, comme à son habitude, en actrice au chômage conviée par un psychiatre excentrique et son fidèle domestique à effectuer un
screen test dans une demeure isolée au milieu des congères. Elle ne tarde pas à comprendre qu'elle a mis le doigt (c'est le cas de l'écrire, puisqu'elle en perd un dans l'aventure) dans un engrenage diabolique à base de chantage, de meurtre, et de séquestration...
C'est surtout le couple formé par
Roddy McDOWALL et
Jan RUBES qui emporte le morceau et monopolise l'attention du spectateur ; un couple "crypto-gay" par excellence, lié par le goût de la machination perverse et par un plaisir commun à tenir des rôles hiérarchiquement codifiés dans des rapports qui ont tout de la vieille complicité amoureuse. McDOWALL s'en donne à cœur joie en majordome stylé et cauteleux, dissimulant sa follitude sous le raffinement du larbin quatre étoiles. Jan RUBES est la grande révélation du film ; ce comédien d'origine tchèque campe un "méchant" intellectuel et racé dans la grande tradition de l'épouvante gothique, et aurait pu s'imposer sans peine comme le successeur d'un
Vincent PRICE, si les cinéastes lui avaient confié plus de rôles dans ce registre. Hélas, seul l'excellent
Blood Relations (tourné l'année suivante et fort inspiré par le climat du film de PENN) lui offrit l'opportunité de fignoler une composition similaire.
Ne vous laissez pas berner par l'opinion méprisante des plumitifs mal embouchés (même
COURSODON et
TAVERNIER qualifient le film de
"thriller artificiel" et estiment que PENN
"tombe ici dans la pratique servile et littérale d'un sous-genre des plus douteux"). Qu'on le veuille ou non,
Froid comme la mort demeure l'un des meilleurs thrillers des années 80.
Trailer :
Hadopiser (nouveaux liens RS), en DVDRip et V.O.S.T. :
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