mercredi 18 juillet 2012

VACANCES



On se retrouve début septembre ?
Je vous souhaite à tou(te)s de très bonnes vacances ! Portez-vous bien !


dimanche 8 juillet 2012

BLACK KILLER (Carlo CROCCOLO, 1971)




Après La Femme-enfant, voici un KINSKI bien différent, qui entre pleinement dans la catégorie "westerns mal ficelés" évoquée dans les commentaires du film de Raphaële BILLETDOUX...
En ce qui me concerne, il m'est difficile d'opposer la carrière "bis" du comédien à celle qu'il effectua sous la férule d'HERZOG ou de metteurs en scène plus mainstream. D'ailleurs, il s'agit bien d'une seule et même carrière, dont l'originalité et, disons-le, la grandeur, tient précisément à sa diversité insensée. Le Grand silence est pour moi un chef-d’œuvre du 7ème art au même titre qu'Aguirre, la colère de Dieu, et le comédien peut être aussi génial sous la direction d'un Demofilo FIDANI que d'un David SCHMOELLER ou d'un Andrzej ZULAWSKI.
Concernant ce Black Killer, je suis trop flemmarde en ce moment (vacances obligent) pour lui consacrer un article, d'autant que notre ami MALLOX en signa un excellent sur le site Psychovision, et que je suis en tout point d'accord avec son opinion au sujet de cette bande mineure mais sympatoche. A lire ici, donc.


Hadopiser ici, en TVRip et V.F.

samedi 30 juin 2012

LA FEMME-ENFANT (Raphaële BILLETDOUX, 1980)




La Femme-enfant est l'un de ces films délicats et feutrés qui s'insinuent en vous pour ne plus vous quitter ; mieux qu'un chef-d’œuvre, une sorte de petit miracle d'émotion et de justesse, dont chaque élément, sans prétendre à la perfection, conspire à la réussite de l'ensemble et possède une qualité d'évidence d'autant plus prégnante que discrète.
Cette belle histoire d'amitié entre une fillette solitaire (merveilleuse Pénélope PALMER) et un jardinier muet se situe à mille lieues des fastidieuses variations sur le thème de Lolita. Le film de Raphaële BILLETDOUX, adapté de son propre roman, évite tous les pièges de la bluette pédophile pour explorer au plus profond le mystère d'une alchimie entre deux êtres exceptionnellement sensibles et douloureux, égarés dans un monde qui les dédaigne autant qu'ils s'en défient.


Le rôle du jardinier Marcel est sans conteste l'un des plus bouleversants tenus par Klaus KINSKI. Pour l'occasion, le comédien "renoue avec son passé de mime et évite tout effet facile. Pourquoi chargerait-il sa composition alors qu'un regard lui suffit pour faire saisir au spectateur tout le chagrin et toute la solitude de cet exilé de l'amour ?  Kinski montre ici de nombreuses facettes de son talent. Tendre et violent, enfantin et grave, innocent et pervers, il est constamment poignant. Du grand art." (Philippe Rège, in "Klaus Kinski", éditions Pierre-Marcel Favre, 1987)
Contrairement à l'auteur de ces lignes, je ne vois guère de perversion chez le personnage, pas plus que dans ses relations avec la jeune Elizabeth. C'est bien au contraire la pureté de leur affection qui nous touche aux fibres ; reposant sur une tendresse instinctive, presque animale, où la sensualité est le fruit d'un accord impérieux entre deux sensibilités vibrantes plutôt que d'élans sexuels, leurs rapports sont d'une innocence absolue, presque édénique, et nous font entrevoir ce que peut être l'amour saisi à la source du cœur.


Le tournage ne refléta pas une telle harmonie, selon Raphaëlle BILLETDOUX : "Avec KINSKI, c'était un vrai cauchemar. A un moment, j'ai eu la tentation d'arrêter là, ce n'était plus possible de continuer le tournage avec lui. Par exemple, lors de la scène du bain que KINSKI prépare pour la jeune fille : elle était déjà très angoissée à l'idée de tourner une scène nue, même tournée de façon très pudique.  J'avais réduit l'équipe technique au minimum et réglé la scène de façon à ce que KINSKI lui tourne le dos (ainsi qu'à la caméra), au moment où elle devait entrer dans la baignoire. Il a alors piqué une crise : "Quoi ?! Moi tourner le dos ?! Jamais ! Et puis, je veux la voir toute nue..." Mais vous savez, KINSKI, c'est... spécial. Je veux dire, il en fait tellement pour être détestable qu'il en devient presque touchant..." (Conférence du Festival Aspect du cinéma Français '80, juin 1980)
Par la grâce de la mise en scène, ces tensions ne se perçoivent jamais dans le film, qui demeure de bout en bout un bijou de subtilité et d'atmosphère (rarement a-t-on aussi bien filmé la campagne désolée du Nord de la France, ses nuits désertes et ses petits matins brumeux.) Mention spéciale à la sublime partition de Vladimir COSMA, qui vous hante longtemps après que se soit effacée la dernière image.
Une œuvre précieuse, dont on regrette amèrement qu'elle soit la seule de son auteure au cinéma.


Hadopiser ici, en VHSRip (enregistrement télé).

Extrait :

mardi 26 juin 2012

AN EVENING OF EDGAR ALLAN POE (Kenneth JOHNSON, 1970)



Cette production télévisée fut longtemps disponible sur le site OLD CINE PASSION, récemment passé de vie à trépas sans crier gare. Comme cela arrive parfois, je m'apprêtais à vous la proposer sur SMORGSABLOG lorsqu'elle fut postée sur OCP, et j'y avais donc renoncé. Ayant conservé le fichier sur mon disque dur, j'ai finalement décidé de l'uploader pour vous. C'est ici, en DVDRip et V.O.S.T.


Voici ce que Vincent PRICE disait de cette pépite dans une interview accordée à "L'Ecran Fantastique" au début des années 80 : "L'American International Pictures m'a demandé de tourner dans quatre films pour la télévision américaine, d'après Edgar Allan Poe : "La Barrique d'Amontillado", "Le Cœur Révélateur", Le Puits et le Pendule" et une nouvelle peu connue, "Le Sphinx". Tous ces films étaient réalisés par un jeune réalisateur, il s'agissait de ses premiers films et ils étaient excellents, sans aucun doute bien meilleurs que les Corman, mais tous les dialogues provenaient de Poe, pas un seul mot ne fut rajouté ou enlevé, c'était du pur Poe. Il s'est trouvé que l'A.I.P. a trouvé ces films trop sophistiqués et ils avaient peur qu'en étant projetés à la TV, ils ne rentrent directement en compétition avec la série Poe de Corman ! Je crois que ce jour-là, c'en était vraiment trop et je décidai de stopper la série Poe, du moins en ce qui me concernait."
On peut émettre de sérieuses réserves sur le fait que ces productions soient supérieures aux films de CORMAN : il s'agit de simples captations vidéo de monologues de PRICE, filmées en studio de façon très sommaire. Mais le grand comédien y donne une formidable leçon d'art dramatique -- et de cabotinage effréné.


jeudi 14 juin 2012

COUP DOUBLE (Tough Guys, Jeff KANEW, 1986)




Je me fais un petit plaisir aujourd'hui en partageant avec vous un film qui enchanta mon adolescence de cinéphile nourrie au lait de "La Dernière séance" et du cinéma américain des années 50. En 1986, aller voir en salle un nouveau film du tandem Kirk DOUGLAS / Burt LANCASTER n'était pas chose courante et promettait un bain de nostalgie particulièrement bienfaisant. Les deux comédiens n'avaient plus partagé l'affiche depuis 10 ans et Victoire à Entebbe, et il fallut l'initiative d'un de leurs admirateurs, le cinéaste Jeff KANEW, pour les convaincre (sans trop d'efforts) de refaire équipe comme au temps glorieux de Règlement de comptes à O.K. Corral et de Sept jours en mai.
Le film qui en résulta est une œuvre d'amour, l'hommage d'un jeune réalisateur à deux de ses idoles et à leur mythologie personnelle, que les scénaristes James ORR et Jim CRUICKSHANK connaissaient manifestement sur le bout des doigts.


Comme l'écrivait Roland LACOURBE dans l'ouvrage qu'il consacra à Burt LANCASTER peu après la sortie du film en France (Edilig, 1987), "les amateurs peuvent ainsi s'amuser, tout à loisir, à décrypter les différentes péripéties du film, jalons d'une parodie savamment orchestrée de leurs carrières respectives et de leurs tics et particularités les plus typiques (l'éclatant sourire de l'un, la célèbre fossette de l'autre)."
Les compères incarnent Harry Doyle (LANCASTER) et Archie Long (DOUGLAS), deux gangsters libérés du pénitencier après y avoir purgé trente ans de détention pour le détournement d'un train, le "Gold Coast Flyer".  Leur agent de tutelle, qui leur voue un culte fervent, tente de les aider à se réinsérer dans la société moderne. Maison de retraite et romance crépusculaire pour Harry, petits boulots et liaison éreintante avec une jeune beauté pour Archie, et pour l'un comme pour l'autre, difficultés à s'adapter à une société qui leur semble devenue folle. Très vite, ne supportant plus l'inaction, ils décident de s'offrir un ultime coup d'éclat : attaquer à nouveau le "Gold Coast Flyer" dont on annonce le dernier voyage.


KANEW fustige avec entrain les travers et lubies de l'époque contemporaine -- ou plus précisément des années 80, dont le film présente une peinture à la fois caustique et fidèle --, tels que "la manie de l'aérobic, le sexisme à tous crins, la déconcertante mode 'branchée', la crasse et la violence des grandes métropoles, les fast foods et leur clientèle d'affreux jojos, la pollution sonore..." (LACOURBE)
L'ensemble est certes un brin réac, mais ne manque ni de lucidité, ni d'humour. Le rythme est impeccable, et le casting constitue un rêve de cinéphile : outre nos deux monstres sacrés, nous retrouvons Alexis SMITH, jadis starlette de la Warner, en ancienne flamme avec laquelle renoue LANCASTER ; Charles DURNING en flic acharné à coffrer ceux qu'il avait fait mettre sous les verrous trente ans plus tôt (mais qu'il admire secrètement) ; et surtout Eli WALLACH, absolument époustouflant dans le rôle d'un tueur à gages bigleux et ordurier qui poursuit inlassablement les deux hommes pour les éliminer, en vertu d'un vieux contrat jamais honoré.
Du plaisir pur, à ne pas bouder...


Ah, j'allais oublier ! Si LANCASTER, célèbre pour son sourire carnassier, exhibe fièrement ses dents pour prouver qu'il ne lui en manque aucune, DOUGLAS demeure pour sa part fidèle à sa chère habitude de nous montrer son cul. Que voulez-vous, on ne se refait pas...


Hadopiser ici, en DVDRip et V.O.S.T.