mardi 13 décembre 2011

COURTS-METRAGES DE MARC THOMAS


A la demande de Marc THOMAS, j'ai supprimé les liens de La Transition d'Ulrich Zann et de La Tombe. Vous pouvez vous procurer ces films en DVD auprès de leur réalisateur, en le contactant à l'adresse suivante :
marc.charley@free.fr
Vous pouvez également lui commander son dernier film, Le Mystère des nuages (52 minutes), dont voici la bande-annonce : 

 

Marc m'a autorisé à laisser le lien de La Malédiction des plumes, le film n'étant plus exploité par l'INA, qui ne le propose pas sur son site.
Merci à Marc de sa compréhension, et bonne chance dans tous ses projets...



C'est avec La Transition d'Ulrich Zann, adaptation de la nouvelle de H.P. Lovecraft, "La Musique d'Erich Zann", que j'ai découvert le cinéaste Marc THOMAS. Je fus immédiatement séduite par l'atmosphère expressionniste de ce court-métrage, l'habileté du réalisateur à retranscrire le climat du texte original (en dépit de menues infidélités au récit), et la beauté picturale de l'ensemble. Cette Transition devint aussitôt l'une de mes adaptations favorites de l’œuvre du reclus de Providence, qui, lui-même, comptait alors parmi mes auteurs de chevet. On peut y apprécier la première apparition à l'écran de Michel VUILLERMOZ, appelé à devenir l'un des piliers de la Comédie-Française, et y retrouver Jean RUPERT, sympathique second rôle d'innombrables productions télévisées.
Par un heureux hasard, j'eus l'occasion de rencontrer Marc THOMAS au début des années 2000, dans un Salon du Livre auquel je participais, et où il présentait une sélection de ses courts-métrages. Nous nous découvrîmes une multitude de goûts communs, particulièrement dans le domaine du fantastique littéraire et cinématographique : l'attachement aux ambiances brumeuses et feutrées, un intérêt marqué pour les auteurs Belges comme Jean RAY et Thomas OWEN, une prédilection pour les lieux désaffectés (anciennes cités minières, gares abandonnées, friches industrielles, coins de campagne reculés...) et, bien sûr, une passion dévorante pour LOVECRAFT, que Marc devait adapter une seconde fois avec La Tombe, une courte bande inspirée par "Le Témoignage de Randolph Carter".


Lors de ce salon, je pus visionner ce qui, à mes yeux, est à ce jour le chef-d’œuvre du cinéaste, La Malédiction des plumes, étonnant documentaire racontant un cas d'envoûtement ayant frappé la ville de Merlebach durant plusieurs années : des dizaines d'habitants, victimes d'une étrange langueur, dépérissaient et mouraient sans qu'aucune explication puisse être fournie par les médecins, jusqu'à ce que l'on découvre dans leurs oreillers et édredons d'inextricables enchevêtrements de plumes, revêtant des formes d'oisillons ou de cocons. On retrouve dans ce film inquiétant toutes les caractéristiques de l'univers de Marc THOMAS : un savant mélange de gothique et d'expressionnisme, une fascination pour les paysages urbains désolés et les campagnes mystérieuses, l'amour des légendes et des "petites gens" qui les colportent. Le tout saupoudré d'un humour subtil, à la fois affectueux et grinçant. A noter : une apparition du Docteur FERDIERE, le psychiatre d'Antonin ARTAUD !...


Le Docteur Gaston FERDIERE

On ne peut que regretter que le cinéaste ait si peu tourné (7 courts-métrages en tout, tous fantastiques ou surréalistes), et qu'il n'ait pu mener à bien un projet qui lui tenait à cœur : la réalisation d'un documentaire sur LOVECRAFT dans le cadre de l'émission Un Siècle d'écrivains, dont j'ai pu lire le synopsis, et qui aurait été cent fois plus fidèle à l'esprit du père de Cthulhu que le film décevant de Patrick Mario BERNARD et Pierre TRIVIDIC.
Les réalisateurs de sa trempe sont beaucoup trop rares dans le paysage du cinéma français contemporain pour que l'on puisse se priver de leur talent -- et l'un de mes très grands regrets restera qu'il n'ait pu adapter l'un de mes romans, comme nous en eûmes un temps le projet, avant de nous perdre de vue pour d'inexplicables raisons...


Aux dernières nouvelles, Marc THOMAS travaille actuellement sur un moyen-métrage basé sur son dernier court, un docufiction délirant consacré aux théories farfelues du Docteur Jean-Philippe CROUZET, auteur de l'opuscule "Des Esprits modèlent les nuages", qui prétendait prédire l'avenir en étudiant la forme des nuages !
Je vous propose de découvrir trois films de Marc THOMAS : ses deux adaptations lovecraftiennes, et sa merveilleuse Malédiction des plumes.
Enjoy !...

LA TRANSITION D'ULRICH ZANN (1988)












Lien supprimé à la demande du réalisateur.

LA TOMBE (1990)






Lien supprimé à la demande du réalisateur.

LA MALÉDICTION DES PLUMES (1989)




Hadopiser ici (VHSRip) 29 minutes

Extrait : La Malédiction des plumes


samedi 10 décembre 2011

CONTES DE NOËL (Vinyles > MP3)




Le succès inattendu de ma petite compilation de contes, proposée le 31 octobre, m'incite à remettre le couvert (et les galettes vinyles) à l'occasion des fêtes de fin d'année. Voici donc 3 contes de Noël sélectionnés à votre intention (et à celle de vos enfants), pour 90 minutes d'écoute en compagnie d'illustres narrateurs. "La Merveilleuse histoire du Père Noël" fut probablement le disque préféré de ma petite enfance, la voix chaleureuse de Pierre LARQUEY y étant pour beaucoup. "Le Conte de Noël de Dickens", raconté par les personnages de Walt DISNEY, est une petite merveille d'atmosphère, habilement "bruitée", ponctuée de chansons typiquement disneyennes, et servie par un Roger CAREL jubilatoire. Quant à "L'Enfant au tambour", ce classique destiné aux tout petits nous permet de retrouver un second rôle injustement méconnu du cinéma français, le sympathique Lucien BARJON.
Enjoy !... Et joyeuses fêtes !...

LA MERVEILLEUSE HISTOIRE DU PÈRE NOËL (qualité C.D.)
Un conte de Raymond ASSO
Raconté par Pierre LARQUEY




Raymond ASSO


Pierre LARQUEY

LE CONTE DE NOËL DE DICKENS (33 tours)
Raconté par Roger CAREL



Roger CAREL



Interview de Roger CAREL
une vidéo de lecolededoublage




L'ENFANT AU TAMBOUR (45 tours)
Un conte de Francis SCAGLIA, d'après Cherey BERG
Raconté par Lucien BARJON






Lucien BARJON

PISTES :

01. La Merveilleuse histoire du Père Noël - 1
02. La Merveilleuse histoire du Père Noël - 2
03. Le Conte de Noël de Dickens - 1
04. Le Conte de Noël de Dickens - 2
05. L’Enfant au tambour - 1
06. L’Enfant au tambour - 2

Hadopiser ici.

samedi 3 décembre 2011

AVORTEMENT CLANDESTIN ! (Pierre CHEVALIER, 1973)




Quand la firme Eurociné s'aventure à donner dans le drame social, le résultat est évidemment très éloigné d'André CAYATTE, et tend vers un sensationnalisme de bazar à la limite de l'exploitation. Avortement clandestin !, dû au cinéaste-maison Pierre CHEVALIER (ancien réalisateur fétiche de Fernand RAYNAUD) se veut (vaguement) à la pointe des revendications féministes pour la légalisation de l'IVG, mais s'affirme surtout comme un pamphlet mou des roustons, indigent et soporifique, qui ne parvient même pas à développer les aspects trash inhérents à son scénario.






Le premier atout de la bande est sa brièveté (63 minutes montre en pogne), qui n'abuse pas du temps nécessaire à quelques accès de rigolade, principalement dus à des dialogues d'un ridicule haut de gamme (ah ! les monologues en voix off de "l'héroïne", soulignant le caractère aliénant de son existence par une litanie ânonnante de "métro-boulot-dodo-métro-boulot-dodo-métro").
Un autre menu plaisir est de retrouver, dans le rôle de la pauvre fille empolichinée suite à un viol et qui cherche à se faire décloquer, l'aboulique et sépulcrale Mireille DARGENT, l'une des égéries de Jean ROLLIN dans les années 1970. Son visage rond et lunaire, parfaitement adapté au climat onirique du quasi-muet Requiem pour vampire, perd de son étrangeté sous la caméra de Pierre CHEVALIER, et ses aptitudes dramatiques sont ici laissées à l'état larvaire qui leur est sans doute naturel.
Bref : nous sommes là en présence d'un film complètement accessoire, et par conséquent indispensable.







Hadopiser ici, en VHSRip (de qualité médiocre, mais bon, c'est une rareté...)

Extrait : Le minimalisme bressonien de Pierre CHEVALIER...


jeudi 1 décembre 2011

CONVERSATION AVEC LA BÊTE (Gespräch mit dem Biest, Armin MUELLER-STAHL, 1996)




L'historien Arnold Webster (Bob BALABAN) est convié à Berlin par un homme de 103 ans qui prétend être Adolf Hitler (Armin MUELLER-STAHL). Durant 10 jours, il se rend quotidiennement dans un luxueux bunker pour interviewer ce singulier personnage, dont il ne sait s'il s'agit d'un fou, d'un imposteur, ou du véritable führer. Le vieil homme dit avoir échappé aux autorités américaines en endossant l'identité d'Andreas Kronstaed, l'un des six sosies dont disposait Hitler pour assurer sa protection. Après la guerre, ses tentatives pour réassumer sa véritable identité s'étaient heurtées à l'indifférence générale. Les recherches menées par Webster parallèlement à ses "conversations avec la bête", auront finalement raison de son incrédulité.






Sur ce canevas hautement délirant, le brillant comédien Armin MUELLER-STAHL (Music Box, Shine) -- qui signait ici son unique réalisation -- nous offre un film particulièrement grinçant, où la drôlerie (la scène irrésistible du banquet où sont conviés les six sosies, plus cabotins les uns que les autres) le dispute à l'inquiétude. Il se donne le rôle du (prétendu ?) Hitler, et livre une composition surprenante, jouant habilement de son manque de ressemblance avec son modèle pour instaurer un décalage troublant. Le spectateur, d'abord tenté de ne voir qu'une pochade dans cette histoire abracadabrante, finit par partager les doutes de l'historien incarné par Bob BALABAN, et par éprouver un sourd malaise devant ce centenaire miraculeusement préservé par les outrages du temps, aux propos tantôt acerbes, tantôt égrillards, mais étonnamment cohérents.







La fable était sans doute trop saumâtre -- et le ton trop destabilisant -- pour permettre au film d'attirer un distributeur. Il se promena dans une vingtaine de festivals mais ne sortit jamais en salles. La copie que je vous propose aujourd'hui provient d'une diffusion sur Arte, au début des années 2000.
Une curiosité à ne pas rater, hadopisable ici, en VHSRip et V.O.S.T.

Extrait 1 : "J'ai perdu la guerre à cause des belles femmes..."



Extrait 2 : On n'est jamais si mal joué que par soi-même...