jeudi 12 septembre 2013

LE PRISONNIER DE ZENDA (The Prisoner of Zenda, Richard QUINE, 1979)




Tout ce que vous avez lu ou entendu sur ce Prisonnier de Zenda est vrai, cruellement vrai. C'est pesant, pas drôle pour un sou, peuplé de bons acteurs qui n'ont rien à faire (et le font mal), platement dirigé, et, au final, parfaitement dispensable. Peter SELLERS s'y montre lymphatique, et Richard QUINE n'est plus que l'ombre du metteur en scène de L'Adorable voisine et Du Plomb pour l'inspecteur.
Seulement voilà, c'est assez rare, et une demande croissante sur le net m'a incitée à ressortir ma vieille cassette pour vous en proposer un Rip. Vous êtes prévenus ; ne m'en tenez pas rigueur...



Hadopiser ici, en VHSRip et V.F.

Extrait : Vous voyez le niveau ?... 

 

mercredi 4 septembre 2013

LE CRI DES TENEBRES (Cries in the Night / Funeral Home, William FRUET, 1980)




BONNE RENTRÉE A TOU(TE)S !
La mienne s'annonce chargée, aussi n'ai-je guère le temps de chroniquer le film que je vous propose en partage... Je tenais cependant à réactiver le blog, en sommeil depuis le 16 juillet, histoire de dissiper les éventuels soupçons de clôture... Ce n'est qu'un hiatus... L'aventure continue, et d'autres films vous seront proposés tantôt...
Ce Funeral Home est une excellente petite production atmosphérique de William FRUET, auteur du mémorable et très féministe Week-end sauvage, bouillante méditation sur les "rapports sociaux de sexe" et l'un des meilleurs succédanés des Chiens de paille. Ici, c'est Psychose qui fournit très largement son inspiration au cinéaste canadien, à l'occasion d'une sorte de remake inversé flirtant avec la hagsploitation. Le dénouement est prévisible 80 minutes à l'avance, mais c'est expertement filmé et magistralement interprété par une étonnante Kay HAWTRY en grand-mère méchamment larguée...
Enjoy !


Hadopiser ici, en VHSRip et V.F.

mercredi 3 juillet 2013

A LION IS IN THE STREETS (Raoul WALSH, 1953)


 


Satire politique puissante, étude féroce de la démagogie et de l'ivresse du pouvoir, A Lion is in the Streets est l'une des œuvres majeures de Raoul WALSH et, paradoxalement, l'une de ses moins connues. Le parcours du colporteur Hank Martin (James CAGNEY), des bayous du Sud où il trimballe sa bimbeloterie, jusqu'à l'élection sénatoriale, est relaté avec beaucoup d'énergie et d'acuité par WALSH et son scénariste Luther DAVIS, qui parviennent à nous attacher à cet "ami du peuple", progressivement grisé par son formidable talent d'orateur et sa capacité à galvaniser les foules. Le personnage est inspiré de Huey LONG (et d'un roman "à clé" d'Adria LOCKE LANGLEY), redoutable leader populiste de l'entre-deux-guerres, sympathisant fasciste qui servit également de modèle, quatre ans plus tôt, au Willie Stark de Les Fous du roi. Si le film de ROSSEN est aujourd'hui considéré, à juste titre, comme un classique, celui de WALSH, handicapé par une sortie postérieure, ne jouit pas de la même popularité, tout en présentant d'égales qualités.


Parmi celles-ci, la plus éclatante est indiscutablement la performance de James CAGNEY, électrisante, tempétueuse et littéralement habitée. C'est ce film qui me fit découvrir le comédien, dont le jeu constamment sous pression et d'une inventivité étourdissante, est peut-être le plus moderne du cinéma américain des années 1930/40. Il s'investit énormément dans le projet, qu'il produisit avec son frère William, et dont il supervisa très attentivement toutes les étapes de fabrication (leur sœur Jeanne tient le rôle de l'épouse de John McINTIRE). La sortie du film en pleine période maccarthyste apporta une résonance supplémentaire à son propos.
Comme l'écrit Pierre GUILIANI (in Raoul Walsh, Edilig, 1986), il s'agit bien d'"une sorte de parabole biblique sur le bien et le mal, l'honnêteté et la corruption, bien au diapason de cette "bible belt" qui ceinture le Sud des Etats-Unis".
Ajoutons-y le plaisir de retrouver toute l'équipe des seconds rôles de la Warner -- ainsi qu'un épatant Lon CHANEY Jr en fermier sanguin mais intègre --, et l'on admettra que l'on tient là un chef-d’œuvre à réhabiliter d'urgence.


Hadopiser ici, en VHSRip (enregistrement télé) et VOST.

Extrait : Prodigieux James CAGNEY !

mercredi 26 juin 2013

LOLLY MADONNA XXX (Richard C. SARAFIAN, 1973) V.O. + SOMETIMES AUNT MARTHA DOES DREADFUL THINGS (Thomas CASEY, 1971) V.O.





Une fois n'est pas coutume, les deux films que je vous propose aujourd'hui sont en V.O. non sous-titrée. Au départ, je ne comptais en partager les liens que sur Facebook, à l'attention de quelques amis m'en ayant fait la demande. Mais les lecteurs anglophones de Smorgasblog y trouveront peut-être quelque intérêt, d'autant que les films en question sont devenus quasi introuvables sur le net.
Lolly Madonna XXX est un hixploitation de prestige, narrant le conflit opposant deux familles de péquenots, les Feather et les Gutshall, respectivement dominées par les patriarches Rod STEIGER et Robert RYAN. Croyant kidnapper la fiancée (imaginaire) de l'un des fils Gutshall, les Feather enlèvent une malheureuse serveuse passant par hasard dans la contrée. Elle se retrouve au centre d'une guerre sans merci où se déchaînent les plus bas instincts.


Fortement critiqué pour ses excès que n'aurait pas reniés un Robert ALDRICH, le film est rapidement tombé dans l'oubli, malgré sa réelle intelligence, sa cocasse transposition de thèmes shakespeariens en milieu plouc, sa vitalité exubérante et son incroyable casting. COURSODON et TAVERNIER parlent d'une "accablante histoire de vendetta qui n'est prétexte qu'à un festival de cabotinage, une débauche de numéros d'acteurs que rien ne paraît devoir contrôler, le record étant bien sûr détenu par Rod Steiger qui dans le style rural ne chôme pas sur les effets".
Est-il besoin de préciser que ces reproches visent très précisément ce qui fait tout le sel du film, et me le fait aimer ?

 

Le VHSRip que je vous propose est un ancien enregistrement capté sur TCM US, et souffre malheureusement d'un son assez faible -- un défaut fréquemment rencontré à l'époque où cette chaîne était encore gratuite et facilement accessible. Le film étant totalement inédit en DVD, j'ai quand même jugé bon de le partager. C'est tout simplement l'une des meilleures œuvres du brillant et très atypique Richard C. SARAFIAN.

Extrait :



Hadopiser ici.



Le second film, Sometimes Aunt Martha Does Dreadful Things, non moins délirant et jusqu'au-boutiste, est une étonnante production indépendante, un polar gay fauché ayant lui aussi de nombreux accents aldrichiens, que j'ai largement chroniqué sur Fears for Queers -- critique ici.

Le générique :



Hadopiser ici, en VHSRip et V.O.

samedi 8 juin 2013

LE REPAS DE NOCE (The Catered Affair, Richard BROOKS, 1956)


 


Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas parce qu'on est la fille d'une icône homosexuelle que l'on fait forcément un mariage très gai. Même si l'on est connue pour ses penchants saphiques, comme c'est le cas de la comédienne Debbie REYNOLDS, ici rejetonne de Bette DAVIS, et prête à épouser Rod TAYLOR. Mariage hautement problématique, non par la mésentente du jeune couple, mais parce que les parents de la mariée ont des vues fort divergentes concernant l'ampleur de la cérémonie. Pour Bette, il s'agit de mettre les petits plats dans les grands, et d'offrir à sa fille le repas de noce fastueux qu'elle-même n'a jamais connu. Pour Ernest BORGNINE, son époux (BORGNINE en mari de DAVIS, c'est un rêve aldrichien ! et qu'ils aient enfanté une Debbie REYNOLDS ne laisse pas d'étonner...), il conviendrait plutôt de jouer l'économie et de ne pas entamer le pécule qu'il a laborieusement rassemblé pour s'acheter un nouveau taxi (car telle est sa profession : taximan).


Disons-le tout net, Le Repas de noce n'est pas le film le plus inspiré de Richard BROOKS ; la faute aux conventions socio-lacrymales du souvent laborieux Paddy CHAYEFSKY, auteur de la dramatique télévisée adaptée, non sans flemme, par Gore VIDAL, plus à l'aise dans les orgies romaines (son Caligula) que dans la grisaille du Bronx. On se console avec l'éblouissant casting (DAVIS presque crédible en mémère de la classe laborieuse, BORGNINE et FITZGERALD toujours aussi cabotins), principal attrait d'une œuvre sans surprises ni réel écho.
Pour la petite histoire, c'est l'une des rares productions où Miss D. s'entendit à merveille avec ses partenaires, allant jusqu'à aider Debbie REYNOLDS à se dépatouiller d'un rôle un peu plan-plan, et faisant de joyeuses bringues avec le rugueux Ernest. BROOKS se déclara enchanté de sa collaboration avec la future Baby Jane, qui, pour sa part, classait ce film parmi ses préférés.
Bref, tout le monde fut satisfait du travail accompli -- excepté le public, qui bouda massivement les salles...


Les ennuis commencent :



Hadopiser ici, en TVRip et V.O.S.T.