mercredi 26 juin 2013

LOLLY MADONNA XXX (Richard C. SARAFIAN, 1973) V.O. + SOMETIMES AUNT MARTHA DOES DREADFUL THINGS (Thomas CASEY, 1971) V.O.





Une fois n'est pas coutume, les deux films que je vous propose aujourd'hui sont en V.O. non sous-titrée. Au départ, je ne comptais en partager les liens que sur Facebook, à l'attention de quelques amis m'en ayant fait la demande. Mais les lecteurs anglophones de Smorgasblog y trouveront peut-être quelque intérêt, d'autant que les films en question sont devenus quasi introuvables sur le net.
Lolly Madonna XXX est un hixploitation de prestige, narrant le conflit opposant deux familles de péquenots, les Feather et les Gutshall, respectivement dominées par les patriarches Rod STEIGER et Robert RYAN. Croyant kidnapper la fiancée (imaginaire) de l'un des fils Gutshall, les Feather enlèvent une malheureuse serveuse passant par hasard dans la contrée. Elle se retrouve au centre d'une guerre sans merci où se déchaînent les plus bas instincts.


Fortement critiqué pour ses excès que n'aurait pas reniés un Robert ALDRICH, le film est rapidement tombé dans l'oubli, malgré sa réelle intelligence, sa cocasse transposition de thèmes shakespeariens en milieu plouc, sa vitalité exubérante et son incroyable casting. COURSODON et TAVERNIER parlent d'une "accablante histoire de vendetta qui n'est prétexte qu'à un festival de cabotinage, une débauche de numéros d'acteurs que rien ne paraît devoir contrôler, le record étant bien sûr détenu par Rod Steiger qui dans le style rural ne chôme pas sur les effets".
Est-il besoin de préciser que ces reproches visent très précisément ce qui fait tout le sel du film, et me le fait aimer ?

 

Le VHSRip que je vous propose est un ancien enregistrement capté sur TCM US, et souffre malheureusement d'un son assez faible -- un défaut fréquemment rencontré à l'époque où cette chaîne était encore gratuite et facilement accessible. Le film étant totalement inédit en DVD, j'ai quand même jugé bon de le partager. C'est tout simplement l'une des meilleures œuvres du brillant et très atypique Richard C. SARAFIAN.

Extrait :



Hadopiser ici.



Le second film, Sometimes Aunt Martha Does Dreadful Things, non moins délirant et jusqu'au-boutiste, est une étonnante production indépendante, un polar gay fauché ayant lui aussi de nombreux accents aldrichiens, que j'ai largement chroniqué sur Fears for Queers -- critique ici.

Le générique :



Hadopiser ici, en VHSRip et V.O.

samedi 8 juin 2013

LE REPAS DE NOCE (The Catered Affair, Richard BROOKS, 1956)


 


Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas parce qu'on est la fille d'une icône homosexuelle que l'on fait forcément un mariage très gai. Même si l'on est connue pour ses penchants saphiques, comme c'est le cas de la comédienne Debbie REYNOLDS, ici rejetonne de Bette DAVIS, et prête à épouser Rod TAYLOR. Mariage hautement problématique, non par la mésentente du jeune couple, mais parce que les parents de la mariée ont des vues fort divergentes concernant l'ampleur de la cérémonie. Pour Bette, il s'agit de mettre les petits plats dans les grands, et d'offrir à sa fille le repas de noce fastueux qu'elle-même n'a jamais connu. Pour Ernest BORGNINE, son époux (BORGNINE en mari de DAVIS, c'est un rêve aldrichien ! et qu'ils aient enfanté une Debbie REYNOLDS ne laisse pas d'étonner...), il conviendrait plutôt de jouer l'économie et de ne pas entamer le pécule qu'il a laborieusement rassemblé pour s'acheter un nouveau taxi (car telle est sa profession : taximan).


Disons-le tout net, Le Repas de noce n'est pas le film le plus inspiré de Richard BROOKS ; la faute aux conventions socio-lacrymales du souvent laborieux Paddy CHAYEFSKY, auteur de la dramatique télévisée adaptée, non sans flemme, par Gore VIDAL, plus à l'aise dans les orgies romaines (son Caligula) que dans la grisaille du Bronx. On se console avec l'éblouissant casting (DAVIS presque crédible en mémère de la classe laborieuse, BORGNINE et FITZGERALD toujours aussi cabotins), principal attrait d'une œuvre sans surprises ni réel écho.
Pour la petite histoire, c'est l'une des rares productions où Miss D. s'entendit à merveille avec ses partenaires, allant jusqu'à aider Debbie REYNOLDS à se dépatouiller d'un rôle un peu plan-plan, et faisant de joyeuses bringues avec le rugueux Ernest. BROOKS se déclara enchanté de sa collaboration avec la future Baby Jane, qui, pour sa part, classait ce film parmi ses préférés.
Bref, tout le monde fut satisfait du travail accompli -- excepté le public, qui bouda massivement les salles...


Les ennuis commencent :



Hadopiser ici, en TVRip et V.O.S.T.

mercredi 15 mai 2013

SPECIAL JEAN ROLLIN : FUGUE MINEURE (1981) + LA GRIFFE D'HORUS (1990)



   
Fugue mineure (aka Les Paumées du petit matin, aka A Couteaux tirés, aka Les Meurtrières...) n'est pas le film le plus connu de Jean ROLLIN, loin s'en faut, mais à coup sûr l'une de ses œuvres les plus abouties. Une fois n'est pas coutume, il n'est pas le seul auteur du scénario, le producteur Lionel WALLMAN lui ayant imposé les services de Jacques RALF, avec qui il eut des rapports houleux. Ce n'en est pas moins une œuvre très personnelle, dans laquelle on retrouve plusieurs de ses interprètes fétiches (Natalie PERREY, Louise d'HOUR, Brigitte LAHAIE, Bernard PAPINEAU), et nombre de scènes éminemment rolliniennes (le spectacle forain près d'une voie ferrée ; la patineuse solitaire ; l'interprétation de "La Mauvaise prière" par Louise d'Hour au cabaret "La Vieille Grille"). Les deux actrices principales, Laurence DUBAS et Christiane COPPE, forment un couple émouvant, typique des films de Jean. On ne peut que regretter l'indisponibilité de ce film en DVD, d'autant que son auteur en espérait vivement l'édition avant son décès. Il s'agit d'un jalon essentiel de sa filmographie, relevant d'un "réalisme fantastique" dans lequel il n'eut que trop rarement l'occasion d'œuvrer.


Hadopiser ici, en VHSRip.

Extrait : Louise d'Hour chante "La Mauvaise prière"... 



Grand admirateur des "Aventures d'Harry Dickson", Jean ROLLIN caressa longtemps le projet de les porter à l'écran. Les droits des textes écrits par Jean RAY étant la propriété du producteur Anatole DAUMAN, qui avait vainement tenté d'en monter une adaptation filmée par Alain RESNAIS, ROLLIN se rabattit sur les nouvelles écrites par Gérard DÔLE, qu'il appréciait tout autant que les textes originaux. Les Editions Corps 9, qui publiaient les Dickson de DÔLE, se montrèrent fort peu coopératives, comme Jean s'en souvient dans son autobiographie "Moteur, Coupez !", au chapitre "Une visite chez les Dicksoniens".
"On nous fait comprendre que ces messieurs de Corps 9 sont les gardiens de la morale, et que, Gérard Dôle ou pas, ils n'ont que mépris pour ce que je suis et ce que je fais. Cela revient à nous faire comprendre qu'eux vivants, jamais un gougnafier comme moi n'aura accès à Harry Dickson. (...) Il m'est répondu du bout des lèvres que je n'ai pas le style qu'il faut pour adapter Harry Dickson. J'insiste. Alors mon interlocuteur laisse tomber : 'Dans Harry Dickson, il n'y a pas d'histoires de femmes.' 
Nous y voilà. Ma réputation établie par des imbéciles m'a précédé. Pour cette catégorie de personnes, les femmes sont forcément garantes de pornographie. Les 'histoires de femmes' sont pour eux des 'histoires de cul'. Jusqu'où va la misogynie !"
Moteur, Coupez ! Mémoires d'un cinéaste singulier
, e/dite, 2008, p.336.


Cette déception n'empêcha pas le cinéaste de tourner un bout d'essai de 3 minutes, avec Jean-Michel NICOLLET (illustrateur des "Harry Dickson" réédités par Néo, où il se prenait pour modèle afin de représenter le détective) dans le rôle de Dickson. Ce petit film fut tourné au domicile de Gérard DÔLE.

"(...) Permettez-moi de rêver au film éblouissant qui serait né des scénarii de Gérard Dôle si nous avions tourné suivant le système qu'il préconisait, et auquel j'adhère entièrement, c'est-à-dire un tournage improvisé entre amis, dans le style du 'film d'amateurs', comme cette bande de trois minutes que nous avons faite avec Nicollet sur les bords de la Seine, un peu comme devait le faire Feuillade."
op.cit., p.338.

Hadopiser ici, en V.F. (3,06 mns).