mardi 19 juillet 2011

L'ILE DE PASCALI (Pascali's Island, James DEARDEN, 1988)





1908 ; une île de la mer Egée sous domination turque. Depuis 19 ans, Basil Pascali (Ben KINGSLEY), espion au service de l'occupant, envoie consciencieusement à Constantinople des rapports qui demeurent sans réponse. A l'exception du faible traitement perçu mensuellement, tout porte à croire qu'il est oublié du Sultan, et que ses services n'intéressent plus personne. Poussé par le besoin d'argent, il sert d'interprète à un anglais, Anthony Bowles (Charles DANCE), qui se prétend archéologue et souhaite louer au pacha local un terrain sur lequel il veut entreprendre des fouilles. Pascali lui présente Lydia (Helen MIRREN), une artiste peintre dont il est secrètement amoureux, et assiste avec douleur à la naissance de leur idylle. Lorsqu'il comprend que Bowles est un aventurier désireux de soutirer de l'argent au pacha, il l'oblige à partager avec lui le fruit de son escroquerie. Mais la découverte d'une statue ayant une véritable valeur archéologique remet en cause les plans de l'anglais, décidé à s'approprier cette pièce de musée. Décontenancé et inquiet du climat de manipulation général, Pascali s'abandonne à l'aigreur et au ressentiment, et se résout à commettre l'irréparable.





Disons-le tout net, L'Ile de Pascali est l'un des meilleurs films britanniques de la fin du siècle dernier, une œuvre d'une rare richesse émotionnelle, doublée d'un parfait accomplissement artistique. Ses qualités, unanimement saluées lors de sa sortie, ne l'ont pas empêché de sombrer dans un oubli seulement explicable par l'absence de reprises, la rareté de ses diffusions télévisées, et son indisponibilité en DVD. Le Rip que je vous propose aujourd'hui provient de la VHS distribuée jadis par GCR, seule copie commercialisée en France depuis... 21 ans ! Une honte, si l'on considère que le film devrait légitimement compter au nombre des classiques reconnus du cinéma anglais.




Classique, L'Ile de Pascali l'est autant par sa forme, retenue sans austérité, élégante sans afféterie, vibrante sans pathos, que par son contenu, d'une redoutable profondeur psychologique et d'une grande justesse historique (l'occupation Turque en Grèce est un sujet rarement exploité à l'écran). Par petites touches précises et bouleversantes, James DEARDEN (fils du réalisateur Basil DEARDEN, auteur de l'un des sketches d'Au Cœur de la nuit, et du vibrant plaidoyer anti-homophobe La Victime) nous fait partager les frustrations, les incertitudes et les angoisses de Pascali, gratte-papier de l'espionnage confronté à l'évidence de son inutilité. Le rôle permet à Ben KINGSLEY de se rappeler comme l'un des meilleurs comédiens de sa génération ; entouré d'Helen MIRREN et Charles DANCE, autres interprètes d'envergure, il offre l'une des compositions les plus poignantes de sa carrière.






Si la tonalité et le "héros" du film font parfois songer à John LE CARRE, ils évoquent également KAFKA et Roman POLANSKI, dont le pessimisme et la noirceur se seraient égarés dans le cadre d'une île à première vue enchanteresse, mais gangrenée par la corruption et les ferments de l'insurrection contre l'occupant. Je n'en dirai pas davantage sur cette oeuvre précieuse, aux séductions de laquelle seul un visionnement attentif peut rendre pleinement justice.

Hadopiser ICI, en VHSRip (qualité moyenne) et V.F.

Extrait : Les angoisses de Pascali



4 commentaires:

  1. Bien le bonjour !

    Je tente un petit message pour une mise à jour du lien qui ferait plaisir à un amateur du film ^^

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour, est ce qu'il serait possible de réuploader ce film ? Merci d'avance.

    RépondreSupprimer
  3. J'espère que vous avez encore ce film depuis le temps que je voulais le voir. D'avance merci et bon week-end bbjane.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je l'ai toujours, Cristou, et je le posterai en début de semaine. Bon week-end également !

      Supprimer